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# 🛬 Grande Porte des Alpes : Atterrissage
- URL: https://www.transitions.city/newsletter157/
- Published: 2024-01-24T09:00:31.000Z
- Updated: 2024-01-24T09:00:30.000Z
- Author: Transitions Urbaines
- Tags: la lettre des Transitions Urbaines, Trouver le chemin de la robustesse

Il y a un peu plus d’un an, la Grande Porte des Alpes n’existait pas. Et pourtant aujourd’hui les gens se pressent au Château de Saint-Priest pour évoquer son avenir. Il y a du monde, beaucoup de monde réuni pour parler de cet espace singulier qui aspire à devenir un territoire. C’est le moment du retour vers le présent. Une sorte de compte rendu de voyage dans le futur, établi par les trois équipes mobilisées dans la démarche : Lafayette, 51N4E et Devillers et Associés. Pas le futur, mais des futurs, car chacune a choisi sa voie propre, avec trois directions plus complémentaires que contradictoires. C’est le moment de ne surtout pas choisir entre elles, car il est loin le temps où l’on décidait de son futur, mais c’est le moment d’en débattre. 

Après un voyage dans les futurs, le retour au présent est parfois un peu brutal. C’est le devenir de l’aéroport qui cristallise l’attention, avec le rejet des hypothèses d’évolution de certains des futurs explorés. C’est moins un désaccord sur les perspectives ouvertes que l’on entend qu’un refus d’envisager une sortie du statu quo. C’est donc d’un symbole dont il est question, et le témoignage d’un attachement qu’il faut entendre et penser. Et quand les futurs menacent le présent, il se défend en invoquant « la vraie vie », « le concret » ou la nécessité de « ne pas sacrifier le développement économique et urbain aux enjeux de décarbonation ». Mais il faut aussi entendre la part du doute, plus discrète, ouverte par une démarche prospective dont « on ne sort pas indemne ». Car même si « on a un peu de mal à se projeter sur demain », on convient que « le pire serait d’arrêter de réfléchir », pour citer certains élus.

Penser les futurs distants d’un territoire au temps de l’incertitude nécessite légitimement un temps d’acclimatation. Ce n’est pas simple quand il faut gérer en parallèle un présent qui encombre l’esprit. C’est une cohabitation sensible à négocier entre le présent et des futurs qui peuvent lui être contradictoires. Malgré l’urgence, c’est donc moins le moment de faire des choix que d’organiser des voyages collectifs d’acclimatation aux futurs. Ils permettront de faire comprendre les enjeux, de partager les troubles et d’identifier les attachements dont il faudra se préoccuper sincèrement.

Alors oui il y a eu des tensions, mais surtout de l’attention et beaucoup de monde autour de ce qui n’était, il y a peu, qu’un périmètre théorique. Il y a eu aussi des demandes claires des acteurs du lieu à être entendu, et à structurer une gouvernance locale qui donne de la place à chacune et à chacun, c’est bien la preuve que le sujet est devenu important. Des gens, des liens, un lieu. Et si le processus avait permis de transformer un périmètre en territoire ? S’imaginer ensemble des futurs bien à soi tisse des liens et crée l’espace politique qui permet de penser les nouveaux enjeux. De faire territoire finalement.

Pour lire la version complète de ce retour terrain et retrouver les deux épisodes précédent, [c'est ici](https://www.transitions.city/grande-porte-des-alpes-3/).

– Sylvain Grisot ([Linkedin](https://www.linkedin.com/in/sylvaingrisot/?ref=dixit-net))

*PS : Mon livre "*[*Redirection urbaine*](https://www.transitions.city/redirectionurbaine/)*" a encore du mal à diffuser hors de l'hexagone. S'il n'est pas encore disponible dans votre pays, vous pouvez* [*le commander en ligne*](https://www.transitions.city/redirectionurbaine/#commander) *pour que je vous l'envoie directement. Les frais de port à l'international sont gratuits avec le code "INTER" .*

[Grande Porte des Alpes : AtterrissageIl y a un peu plus d’un an, la Grande Porte des Alpes n’existait pas. Et pourtant aujourd’hui les gens se pressent au Château de Saint-Priest pour évoquer son avenir. Il y a du monde, beaucoup de monde réuni pour parler de cet espace singulier qui aspire![](https://www.transitions.city/content/images/size/w256h256/2020/12/EXE-logo-dixit-RVB_favicon-corrige.png)dixit.netSylvain Grisot![](https://www.transitions.city/content/images/size/w1200/2024/01/2---credits--Seula-Yi--La-Slow-.jpg)](https://www.transitions.city/grande-porte-des-alpes-3/)

🗓️ **3 février à la Défense**. Le PUCA organise une restitution de la première année de recherche autour des "Nouveaux modèles de l’aménagement" pilotée par le laboratoire de l’École des Mines de Paris, l’ISIGE. ([Inscription](https://www.urbanisme-puca.gouv.fr/02-fevrier-2024-seminaire-nouveaux-modeles-de-l-a2811.html?ref=transitions.city))

📻 **Rénovation**. Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes (et notre complice pour l’écriture de [*Réparons la ville !*](https://www.transitions.city/reparons-la-ville/)) planche devant Nabil Wasim sur la question de la rénovation énergétique des logements. Une fois de plus émerge le besoin d’accompagnement pour penser et réaliser finement chaque rénovation énergétique, mais aussi de passer à l’échelle pour être au rendez-vous climatique. Deux enjeux clef : donner de la visibilité aux acteurs économiques et former massivement. ([Chaleur humaine](https://open.spotify.com/episode/4kbmEN8fdLk2qAcgem8gGA?si=lT5qK54WT%5FGWOC3DOss3kg&ref=transitions.city))

📨 **Sobriétés**. Édition spéciale de la “lettre des sobriétés” de l’ADEME autour de la sobriété foncière et immobilière. Au programme, toute une série d’articles et des liens vers des outils et documents sur le sujet. On y retrouve en vrac des travaux de Millénaire3, des articles de Construction21, un entretien avec Philippe Bihouix, une vidéo sur Territoires Pilotes de Sobriété Foncière et plein d’autres belles choses. ([Lettre des sobriétés](https://view.contact.ademe.fr/?qs=164803217ba3fecd412d6c5b6f93862706b7ec3c68746ee9170bcd76413d6c896fadb21c548ef1dba62c4ec4c84d0728c7169b261618abaceec369fb6febf266f01388a7b0fe6f0a1b5873c74e21db1e&ref=transitions.city) \+ [lien d’abonnement](https://cloud.contact.ademe.fr/inscription-sobriete?utm%5Fcampaign=Newsletter%5FADEME%5FACTUS%5F358&utm%5Fsource=Connect&utm%5Fmedium=email))

📘 **Le pire n’est pas certain. Essai sur l’aveuglement catastrophiste, par Cartherine et Raphaël Larrère, 2020 aux éditions Premier parallèle.** Voici une intéressante critique de l'effondrisme, très éloignée d'un quelconque climatoscepticisme qui nierait l'étendue du problème, ou d'un technosolutionnisme qui miserait sur de futures avancées technologiques. Non, le problème est bel et bien là et la solution n'est pas toute trouvée, mais cet essai très abordable pointe aussi les limites du discours catastrophiste. En ne proposant qu'un seul futur clos, celui-ci nie le caractère imprévisible de l'époque et tente d'imposer le récit de l'effondrement global comme une vérité indépassable. C'est à la fois une erreur de raisonnement et le risque de sombrer dans l'inaction. Ce livre est propose donc une voie de traverse sans optimisme ni angélisme, qui considère que le futur reste à écrire, et que c'est bel et bien le rôle de la politique. 

> C'est le sentiment partagé d'une force collective qui fait agir, pas la certitude de la catastrophe. Nous n'avons pas besoin d'un simple « sursaut politique », mais de la constitution d'une force politique capable d'insuffler un sens à la situation en redonnant confiance en la possibilité d'agir.

[![](https://www.transitions.city/content/images/2024/01/Capture-d--cran-2024-01-23---19.08.21.png)](https://x.com/HuinGuillaume/status/1744724351013069284?s=20&ref=transitions.city)

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