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# 👾 "Nos futurs"
- URL: https://www.transitions.city/newsletter167/
- Published: 2024-04-10T08:00:30.000Z
- Updated: 2024-04-10T15:37:43.000Z
- Author: Transitions Urbaines
- Tags: la lettre des Transitions Urbaines, Trouver le chemin de la robustesse

En ce moment, la planification territoriale a la fâcheuse tendance à se transformer en foire d’empoigne autour d’un tableur Excel. C’est une forme de lutte pour la place (artificialisable) obnubilée par un présent simpliste, alors que l’on aurait bien besoin de travailler collectivement des futurs compliqués. Et si c’était le moment de renouveler la prospective territoriale ? Les crises écologiques imposent de regarder le temps long en face, et on observe ici et là émerger des démarches prospectives intéressantes. Elles sont souvent découplées de l’élaboration des documents de planification urbaine, et vont même parfois jusqu’à transgresser les frontières administratives. J’ai eu l’occasion d’en suivre quelques-unes, mais surtout d’échanger récemment avec Hiba Debouk, qui est intervenue pour AREP dans plusieurs démarches de ce type. Je vous invite à [écouter cette discussion](https://podcasters.spotify.com/pod/show/dixitnet/episodes/99-Hiba-Debouk--Nos-futurs-e2i6lb2?ref=transitions.city) dans le podcast ci-dessous, dont je tire plusieurs pistes.

D’abord, que le temps où l’on se choisissait un futur est révolu. Non seulement les crises écologiques réduisent notre champ de liberté, mais elles nous font rentrer dans une époque marquée par l’incertitude, ce sont les [Trente Turbulentes](https://www.transitions.city/newsletter135/). Affronter cette crise du brouillard commence donc par renoncer à arbitrer entre des scénarios, pour garder les futurs toujours au pluriel, et regarder les plus inconfortables en face.

Mais sortir d’une planification déterministe qui pave le chemin vers un futur aussi optimiste que vain n’est pas non plus renoncer à notre capacité à agir pour infléchir les évènements, bien au contraire. La prospective n’est pas un passe-temps théorique, c’est un puissant moyen de passage à l’action. Penser après-demain permet de prendre aujourd’hui des décisions éclairées par le détour prospectif, et de structurer des plans efficaces car adaptables. C’est justement parce qu’il y a urgence à agir qu’il faut plus que jamais regarder au loin.

Je retiens surtout de cette conversation que la prospective ne doit pas rester l’œuvre d’experts. « Nos futurs » (pour reprendre le titre de [l’excellent podcast du CAUE de Haute-Savoie](https://ilot-s.caue74.fr/publications/nos-futurs-podcast/nos-futurs/?ref=transitions.city) sur le sujet), sont de magnifiques sujets de conversation démocratique qui doivent désormais être pleinement entre les mains des citoyens. Ce sont aussi de formidables moyens de dessiner une vraie coopération territoriale qui sera déterminante pour gérer les crises comme pour mener les transitions. Faire « nous » finalement. Et si s’imaginer des futurs communs, au-delà des frontières des institutions, était le meilleur moyen pour faire territoire ? Des lieux, des gens et des liens tissés en s’imaginant des futurs à soi, quoi de mieux pour revenir convaincu de la nécessité de mener collectivement les transitions nécessaires ?

– Sylvain Grisot ([Linkedin](https://www.linkedin.com/in/sylvaingrisot/?ref=dixit-net))

PS : Une fois n'est pas coutume, je vous propose dans d'écouter une conférence à laquelle j'ai participé récemment à Marseille. Pas pour mes belles paroles, mais pour celles de [Mathilde Chaboche et Claire Demaison](https://podcasters.spotify.com/pod/show/dixitnet/episodes/98-Mathilde-Chaboche--Claire-Demaison-et-Sylvain-Grisot--Rencontre-au-Tiers-Lab-des-Transitions--Marseille-e2i552k?ref=transitions.city) avec lesquelles j'ai partagé ce moment tout à fait singulier. Et voici les prochains rendez-vous de la [Redirection urbaine](https://www.transitions.city/redirectionurbaine/) :

- à Nantes jeudi 11 avril à 18h à la [Maison de l'Architecture des Pays de la Loire](https://www.ma-paysdelaloire.com/?ref=transitions.city)
- à Genève mardi 23 avril à 19h au [Palladium](https://www.1000ecologies.ch/redirection-urbaine?ref=transitions.city)
- à Fribourg mercredi 24 avril à 18h30 avec [Archiclimat](https://www.archiclimat.ch/leviers-construction-durable?ref=transitions.city)

[#99 Hiba Debouk · “Nos futurs” by dixit.net👾 “Nos futurs” En ce moment, la planification territoriale a la fâcheuse tendance à se transformer en foire d’empoigne autour d’un tableur Excel. C’est une forme de lutte pour la place (artificialisable) obnubilée par un présent simpliste, alors que l’on aurait bien besoin de travailler collectivement des futurs compliqués. Et si c’était le moment de renouveler la prospective territoriale dans cette période de turbulences ? Les crises écologiques imposent de regarder le temps long en face, alors on observe ici et là émerger des démarches de prospectives intéressantes. Elles sont souvent découplées de l’élaboration des documents de planification urbaine, et vont même parfois jusqu’à transgresser les frontières administratives. J’ai eu l’occasion d’en suivre quelques-unes, mais surtout d’échanger récemment avec Hiba Debouk, qui est intervenue pour AREP dans plusieurs démarches de ce type. Je vous invite à écouter cette discussion dans le podcast ci-dessous, dont je tire plusieurs pistes. D’abord, que le temps où l’on se choisissait un futur est révolu. Non seulement les crises écologiques réduisent notre champ de liberté, mais elles nous font rentrer dans une époque marquée par l’incertitude, nos Trente Turbulentes. Affronter cette crise du brouillard commence donc par renoncer à arbitrer entre des scénarios, pour garder les futurs toujours au pluriel, et regarder les plus inconfortables en face. Mais sortir d’une planification déterministe qui pave le chemin vers un futur aussi optimiste que vain n’est pas non plus renoncer à l’action et à notre capacité à agir, bien au contraire. La prospective n’est pas un passe-temps théorique, c’est un puissant moyen de passage à l’action. Penser après-demain, permet de prendre aujourd’hui des décisions éclairées par le détour prospectif, et de structurer des plans efficaces, car adaptables. C’est justement parce qu’il y a urgence à agir qu’il faut plus que jamais regarder au loin. Je retiens surtout de cette conversation que la prospective ne doit pas rester l’œuvre d’experts. « Nos futurs » (pour reprendre le titre de l’excellent podcast du CAUE de Haute-Savoie), sont de magnifiques sujets de conversation démocratique qui doivent désormais être pleinement entre les mains des citoyens. Ce sont aussi de formidables moyens de dessiner une vraie coopération territoriale qui sera déterminante pour gérer les crises comme pour mener les transitions. Et si s’imaginer des futurs communs, au-delà des frontières des institutions, était le meilleur moyen pour faire territoire ? Des lieux, des gens et des liens tissés en s’imaginant des futurs à soi, quoi de mieux pour revenir convaincu de la nécessité de mener collectivement les transitions nécessaires ? – Sylvain Grisot (Linkedin) Pour aller plus loin : No(s) futurs, le podcast du CAUE de Haute-Savoie : https://ilot-s.caue74.fr/publications/nos-futurs-podcast/nos-futurs/ L’exposition “Réparer le futur” du même CAUE, dont Hiba Debouk est commissaire : https://ilot-s.caue74.fr/expositions/expositions-hors-les-murs/reparer-le-futur/ “1962 : les enfants imaginent l’An 2000...”, une vidéo de l’INA : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/man4824558779/1962-les-enfants-imaginent-l-an-2000 Le Joli Mai - Les grands ensembles, de Chris Marker : https://www.youtube.com/watch?v=eUY9XzjvWHE Les illustrations d’Albert Robiba : https://gallica.bnf.fr/conseils/content/albert-robida![](https://d12xoj7p9moygp.cloudfront.net/favicon/favicon-s4p-310x310.png)Spotify for Podcasters![](https://d3t3ozftmdmh3i.cloudfront.net/staging/podcast_uploaded_nologo400/8379957/8379957-1703784187822-69f26e06a8573.jpg)](https://podcasters.spotify.com/pod/show/dixitnet/episodes/99-Hiba-Debouk--Nos-futurs-e2i6lb2?ref=transitions.city)

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**30 et 31 mai à Evian, colloque « Pour une nouvelle utopie foncière ? ».** Un colloque organisé par l’association fonciers en débat avec l’EPF de Haute-Savoie, autour d’un thème tiré d’un texte ancien, mais plus que jamais d’actualité : « Pour une nouvelle utopie foncière ? ». Chercheurs, élus, techniciens, échangeront sur les multiples enjeux du foncier : sa valeur écologique, sa gouvernance, la concurrence qu’il génère… ([Informations et inscription](https://fonciers-en-debat.com/journees-detude-les-30-et-31-mai-2024-a-evian/?ref=transitions.city))

📻 **Crises du logement.** L’émission « Culture monde » consacre 4 intéressantes émissions à la crise du logement, ou les crises du logement telles qu’elles font rage en Europe, Afrique du Sud, Chine ou en Amérique du Sud. Sous les formes très diverses qu’elles prennent, ces crises ont en commun d’être la résultante d’une financiarisation du logement, mais aussi d’échecs des politiques d’aménagement du territoire et de maîtrise foncière. ([France Culture](https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/paris-londres-amsterdam-des-villes-inabordables-5558615?ref=transitions.city))

🏘️ **Densification.** Tous les acteurs de la fabrique de la ville, semblent d’accord : la densification est la solution privilégiée pour concilier objectif ZAN et besoins croissants de logement. Mais qu’en est-il des Français, comment perçoivent-ils cette densification ? Cet article se base sur l’enquête ObSoCo/Chaire Qualités de Villes, pour nous éclairer sur la vision qu’a la population française des projets de densification. ([the conversation](https://theconversation.com/densification-des-villes-comment-les-francais-la-percoivent-ils-224081?utm%5Fsource=pocket%5Fsaves))

📔 **Subsidence, par Camille Ammoun.** Retrouvons avec plaisir [Camille Ammoun](https://podcasters.spotify.com/pod/show/dixitnet/episodes/7-Camille-Ammoun--Octobre-Liban-eloaef?ref=transitions.city) dans ce très beau petit texte mi-essai mi-fiction, illustré de photographies de ce Liban qui glisse toujours plus bas. Il nous propose un regard critique du concept de résilience, sans cesse mobilisé pour évoquer la capacité du pays à supporter de nouvelles crises. Et si un autre terme issu de la géologie était plus adapté pour illustrer ce qui s’y passe ? Il nous propose celui de subsidence, « action de descendre au-dessous du niveau, affaissement. » ([Terre Urbaine](https://terreurbaine.com/subsidence/?ref=transitions.city))

> (…) la subsidence de Beyrouth n’est pas géologique. Elle est, en revanche, partout ailleurs : dans ses épaves et ses fantômes, ses systèmes et son métabolisme, sa gouvernance et ses infrastructures, son économie, sa société et chacun des individus qui la composent.

[![](https://www.transitions.city/content/images/2024/04/Capture-d--cran-2024-04-09---22.26.50.png)](https://x.com/PhilippeGargov/status/1775471712596840713?ref=transitions.city)

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