🗳️ Élu·es, mode d'emploi
Les élu·es locaux sont plus de 500 000 en France, et leur vie n’est pas toujours simple. Le dernier mandat municipal a vu le nombre de démissions de maires doubler selon l’AMF et le Cevipof. Un constat d'autant plus alarmant que les élu·es locaux sont au cœur des transitions urbaines à mener : mobilité, habitat, végétalisation, alimentation… Alors que les prochaines élections municipales approchent à grands pas en France, il nous semble important de nous plonger dans la réalité de la vie d’élu·e local en partant à leur rencontre. Ces échanges que nous partageons sous forme de podcasts sont l’occasion de partager avec sincérité les bons coups comme les mauvais coups, pour celles et ceux qui veulent s’engager, comme pour les citoyens.
Ce qui relie tous ces témoignages, c’est l’absence d'anticipation de la carrière politique locale. On y entre quand l’engagement citoyen devient progressivement militant, jusqu’à ce que la vie politique grignote l’agenda, comme le montre bien le parcours de Laurence Fortin. Avec le mandat viennent les attentes citoyennes souvent décorrélées de la capacité à faire des collectivités. Alors, Marc Hervé nous explique comment trouver la bonne posture, ni expert ni hors sol, pour garder un cap politique sur des sujets parfois très techniques. La fonction nécessite donc pour Fanny Chappé d’apprendre à jongler entre la vision politique de long terme et la réalité quotidienne des concitoyens.
Les élus arrivent généralement pleins d'enthousiasme et de nouveaux projets. Or la collectivité qu’ils intègrent n’est ni une page blanche, ni une terre vierge. Il faut apprendre à composer avec les techniciens en place et des projets déjà lancés. Bruno Marchand décrit cela comme une “danse avec la fonction publique”, entre intransigeances et compromis, pour toujours avancer. Avancer en équipe aussi, alors que les conflits entre élus sont la première cause de démission des maires en France. Robert Beaudry nous raconte comment dépasser ces tensions nécessite des méthodes de travail qui favorisent le dialogue entre élu·es et d’échapper aux postures.
Ces entretiens parlent de la politique locale, mais surtout des élu·es. Ericka Alneus rappelle les grandes questions qui les taraudent. Comment arbitrer entre des intérêts contradictoires entre des citoyens présents et futurs ? Comment garder la confiance des citoyens dans un contexte de crise démocratique ? Comment donner du sens aux mutations de la ville, par un récit cohérent qui rend lisibles des actions dispersées dans le temps et l’espace ?
Le dernier épisode donne la parole à Tristan Riom, jeune élu municipal et métropolitain à Nantes, qui explique pourquoi il ne se représentera pas aux prochaines élections. Ce n’est pas par frustration ou par dégoût, mais parce qu’il considère que la politique ne doit pas devenir son métier. C’est une bonne manière de conclure : être élu·e est un moment de vie, pas un statut permanent. Il y a une vie avant et une vie après.
– la FTU
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/ Les actus de la FTU
- Le 26 janvier à 18h30 Nantes (Atelier Dulcie September) : Petit entretien avec Jean Louis Kerouanton. Sylvain échangera avec ce spécialiste du patrimoine, pour l'interroger sur ce qui fait encore patrimoine à l'heure des transitions environnementales et sociales.
- Le 12 février à 18h30 à Paris (Césure) : Petit entretien avec Jérôme Denis. Sylvain accueillera ce professeur en sociologie pour le questionner sur le soin à apporter aux choses qui nous entourent en ville.
- Notre dernier podcast avec Tristan Riom nous permet de comprendre sa vie d'élu local à Nantes et les apprentissages qu'il tire de ce mandat.
- Notre dernière publication : Naissance d'un parc, sur les premiers apprentissages du projet urbain de l'Île de Nantes.
/ À l'agenda
- Avant le 2 mars : appel à projet Thèse de l’ADEME qui vise à encourager les recherches accompagnant la transition écologique dans un contexte de changement climatique.
- Jeudi 5 février : Matinale de la Transition Ecologique organisée par Centrale Nantes sur le biomimétisme. Elle accueille Tarik Chekchak, ingénieur écologue, expert associé au CEEBIOS.
- Vendredi 23 janvier de 14h à 16h : atelier en visio Quelle plannification urbaine face au “rebond” industriel ? organisée dans le cadre de l’étude « Plein emploi – plein logement ». Cet atelier, animé par Partie Prenante, s’adresse à tous les territoires concernés par l’accueil de projet XXL, que vous soyez en charge du développement économique, de l’urbanisme, du logement ou de la mobilité. Inscriptions obligatoires !
- Vendredi 6 février de 8h30 à 10h30 : second atelier du cycle “Plein emploi - plein logement”, sur le thème Etat, collectivités, entreprises… qui pour gérer les effets induits du plein emploi sur le logement et la mobilité ? Cette visio s’adresse à tous les territoires de plein-emploi. Que vous soyez industriels ou collectivités, venez partager votre lecture de la situation.
/ On aime
- Le podcast Les sentinelles du vivant, un documentaire géographique et philosophique sur notre relation à la nature, par le prisme de l'aménagement de nos territoires. 4 épisodes réalisés par La Porte à côté et des chercheurs et chercheuses de l’Université de Tours.
- Le rapport de la Délégation à la prospective du Sénat : "Quelles valeurs en 2050 ?” :
“Nos paradigmes se révèlent inadaptés à la prise en compte des problématiques de long terme. De nombreuses composantes de la nature ne sont pas intégrées dans les outils et les analyses stratégiques, tandis que la prise en compte du bien-être social reste pour le moins secondaire. Ce rapport de prospective propose d'explorer les voies possibles, en interrogeant les valeurs qui guideront les acteurs économiques dans un monde appelé à évoluer autrement pour protéger le vivant, ne pouvant plus se contenter de croître.”
- La réédition de “Dans les beaux quartiers” de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot par Rue de l’Echiquier en Voix urbaines, en se demandant si la situation a vraiment changé, et qui serait capable de mener aujourd’hui une si belle enquête…
Les classes dominantes n'ont pas en vérité d'autre choix, sauf à risquer le déclassement, que de vivre entre elles. Cette homogénéité sociale de leurs lieux d'existence, encore relative dans les beaux quartiers, parfaitement réalisée dans les espaces institutionnellement réservés qu'elles se sont ménagés, est la condition de la transmission des héritages de toutes sortes dont dépend leur reproduction sociale. Héritage économique, héritage du capital social, héritage culturel et héritage des dispositions qui font l'excellence sociale passent par cet entre-soi indispensable à la préservation et au maintien de positions atteintes. Le Gotha ne peut échapper aux ghettos de son monde clos.
- L’article “La lente agonie du commerce en centre-ville” du Monde :
“Après la désindustrialisation, la tendance est à la décommercialisation. Ces rues aux boutiques murées, aux vitrines occultées de publicités sauvages, nourrissent le “sentiment d’abandon” des populations de zones peu dynamiques (…). Un sujet qui a de fortes chances d’animer les élections municipales de 2026.”

