💡 Pour un immobilier d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral

💡 Pour un immobilier d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral

Le sujet semble trop technique pour emporter les foules, pourtant tous les maires de France s'aperçoivent tĂŽt ou tard que le foncier et l’immobilier sont Ă  la base des dĂ©fis que rencontrent leurs territoires. CafĂ©s en terrasse trop chers, boutiques fermĂ©es, lieux de culture fragilisĂ©s, freins au dĂ©veloppement des acteurs de l’écologie ou de l’économie sociale et solidaire
 Les problĂšmes remontent trop souvent Ă  des loyers trop Ă©levĂ©s que ne peuvent pas absorber ces acteurs Ă©conomiques essentiels Ă  l’équilibre de nos territoires. C'est d'autant plus incomprĂ©hensible que l’immobilier Ă©conomique connait une situation de vacance massive : 9 millions de m2 de bureaux privĂ©s sont vacants en France. 

Bureaux, ateliers, commerces, espaces de travail en tous genres
 Il existe heureusement de nombreuses fonciĂšres solidaires et outils de portage non spĂ©culatifs publics et privĂ©s pour allĂ©ger ce fardeau du loyer. À l’échelle nationale, une politique ambitieuse pourrait dĂ©tourner quelques milliards d’euros de la spĂ©culation immobiliĂšre pour les mobiliser au service d'une Ă©conomie rĂ©elle et utile pour les territoires. Mais localement, les maires de France dĂ©tiennent aussi une bonne partie des solutions. C'est pour cela que l’association de plaidoyer Surface+Utile a Ă©mis douze propositions pour un immobilier au service de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral en amont des Ă©lections municipales de mars. 

La premiĂšre proposition aux futur·es Ă©lu·es porte sur l’état des lieux. Quels espaces sont Ă  la disposition de l’économie sociale et solidaire ? À quel prix ? Par qui ? Combien de milliers de mĂštres carrĂ©s sont inoccupĂ©s ? Ce point de dĂ©part permet de prendre conscience du paradoxe d’un marchĂ© dysfonctionnel : le gĂąchis immobilier que constituent les locaux vacants qui pourraient servir Ă  dĂ©velopper de nouveaux lieux utiles et abordables. 

Reste Ă  passer du diagnostic Ă  l’action. Il existe pour cela des outils de maĂźtrise fonciĂšre qui permettent de se rendre maĂźtre du destin des locaux vacants, trop rarement mobilisĂ©s. Mais un projet d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral n’est pas nĂ©cessairement un projet de la collectivitĂ©. Il est aussi possible d’inciter les propriĂ©taires Ă  jouer le jeu du projet de territoire : propriĂ©taires publics ou privĂ©s peuvent mettre Ă  disposition de projets d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral leur patrimoine sous-exploitĂ©, Ă  titre temporaire ou pĂ©renne.

Les futur·es maires de France qui voudront s’attaquer au problĂšme pourront alors trouver Ă  leurs cĂŽtĂ©s des alliĂ©s de taille : les acteurs du foncier et de l’immobilier solidaire qui ont dĂ©montrĂ© ces derniĂšres annĂ©es leur capacitĂ© Ă  financer, transformer et faire vivre des lieux protĂ©gĂ©s des logiques spĂ©culatives. Commerces de proximitĂ©, bureaux, tiers-lieux, centres de santĂ©, lieux d'hĂ©bergement
 Ils savent intervenir sur tous types de territoires et tous types d’actifs. Leurs modĂšles Ă©conomiques sont dĂ©sormais Ă©prouvĂ©s, mais l’appui direct des collectivitĂ©s est toujours essentiel. La principale proposition faite aux futur·es maires est donc simple : soutenez-les !

– Transitions Urbaines

-> Pour aller plus loin, consultez les douze propositions de Surface+Utile.

Municipales 2026 | surface + utile

/ Les actus des Transitions Urbaines

  • Le 12 fĂ©vrier Ă  18h30 Ă  Paris (CĂ©sure) : Petit entretien avec JĂ©rĂŽme DenisSylvain accueillera ce professeur en sociologie pour le questionner sur le soin Ă  apporter aux choses qui nous entourent en ville.
  • Notre dernier podcast avec Tristan Riom nous permet de comprendre sa vie d'Ă©lu local Ă  Nantes et les apprentissages qu'il tire de ce mandat. 
  • Notre derniĂšre publication : Naissance d'un parc, sur les premiers apprentissages du projet urbain de l'Île de Nantes.

Nos publications papiers sont disponibles dans notre librairie, et leur version numérique gratuite pour nos abonnés par ici.

/ À l'agenda

  • Du 28 janvier au 23 mars, un cycle de webinaire “Circular Grassroots” par l'University of Gothenburg, pour discuter d’initiatives locales en matiĂšre d’économie circulaire urbaine. Retours d’expĂ©rience d’Amsterdam, Barcelone, Louvain
 et Nantes !
  • Le mardi 10 fĂ©vrier Ă  18h30, une confĂ©rence de Pierre Leroy Ă  Nantes organisĂ©e par le CollĂšge des Transitions Ecologiques et SociĂ©tales Ă  l’occasion de la sortie du livre « Passage dĂ©licat, penser et panser le territoire. »

/ On aime

TempĂȘtes qui se rĂ©pĂštent, primes qui s’envolent, retraits d’assureurs : Ă  l’heure du dĂ©rĂšglement climatique, une question se pose : qui rĂšglera, in fine, la note ?
  • Le trĂšs bel essai de Nicolas Nova “Persistance du merveilleux. Le petit peuple de nos machines” (Premier ParallĂšle 2024) oĂč il montre comment les personnages des mythes et lĂ©gendes n’ont pas disparu de notre quotidien, mais migrĂ© des livres de contes vers le coeur de nos machines numĂ©riques.
“Daemons, crons, chatbots, perroquets stochastiques, chevaux de Troie, virus, vers, bugs, trolls, botnets, trollbots, PNJ, chatbots, sprites, avatars, etc. formeraient ce que l'on pourrait nommer une « infra-vie artificielle » correspondant Ă  tout un ensemble de protagonistes plus ou moins autonomes, pas toujours cohĂ©rents ou interdĂ©pendants, situĂ©s dans nos machines et rĂ©seaux informatiques. Une « infra-vie artificielle » singuliĂšre, avec laquelle nous cohabitons bon grĂ© mal grĂ©, sur laquelle nous cherchons Ă  reprendre prise et Ă  propos de laquelle nous ne cessons de raconter des histoires.”
  • L'Ă©pisode “Comment faire face aux inondations et aux sĂ©cheresses ?” de Chaleur Humaine. On s’intĂ©resse aux bouleversements du cycle de l’eau. Mais trĂšs vite, l’hydrologue CharlĂšne Descollonges en vient Ă  parler d’amĂ©nagement du territoire. Qu’elle ruisselle, s’infiltre ou s’évapore, l’eau est la molĂ©cule de base de notre environnement, y compris urbain.
  • Le rapport de Jean Marc Offner pour Terra Nova sur le pĂ©ri-urbain, point aveugle des politiques publiques alors qu’il recĂšle un potentiel immense pour les transitions territoriales.
Rappelons-le, qu’il s’agisse de mobilité, d’habitat, de foncier, d’environnement, d’énergies renouvelables, de transition agricole, c’est dans le périurbain que les enjeux, quantitatifs et qualitatifs, y sont les plus importants. Quantitatifs par les kilomètres parcourus, par les hectares en concurrence d’usages, par les capacités de mutation du bâti. Qualitatifs par la nécessité d’y inventer de nouveaux modèles d’aménagement autant que des dispositifs d’action inédits.