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🗳️ Faut-il oublier l'écologie pour gagner les élections ?

🗳️ Faut-il oublier l'écologie pour gagner les élections ?
Lettre aux 500 000 (futurs) élus municipaux

Retour de bâton, contrecoup, retour en arrière… L’écologie subit un backlash massif qui a manifestement commencĂ© avec les Gilets jaunes et s'illustre aujourd'hui par les reculs climatiques sur la scène internationale, des lois de renoncement Ă©cologique en France et des entreprises qui planquent de nouveau leurs engagements environnementaux en fin de rapport annuel. Pourtant en parallèle la conscience de l'importance des crises Ă©cologiques monte et l’écoanxiĂ©tĂ© se rĂ©pand. Le baromètre 2025 de l’ADEME montre que 72% de la population est prĂ©occupĂ©e par le changement climatique, quel que soit le milieu social. Les sondages, parfois utilisĂ©s comme boussole, nous font perdre le nord. Alors qu'en penser d'un point de vue Ă©lectoral ?

Il n’y a en rĂ©alitĂ© aucun paradoxe entre ces tendances d'apparence contradictoires. Comme l’explique l’étude Parlons Climat, ce n’est pas l’objectif des politiques Ă©cologiques qui gĂ©nère le backslash, mais leur injustice ou leur inefficacitĂ©. Restreindre l’usage de la voiture pour des gens qui ne peuvent pas s’en passer. Baisser le chauffage Ă  distance dans des logements sociaux. Couper l’éclairage dans des quartiers oĂą marcher la nuit fait peur. Les coĂ»ts sociaux indirects des mesures environnementales pèsent d’abord sur les classes dĂ©favorisĂ©es et les classes moyennes modestes dont on parle moins souvent. Ces politiques Ă©cologiques mal pensĂ©es exacerbent le ressentiment et la dĂ©fiance envers l'État et les politiques, et dĂ©tournent par ricochet vers les populismes.

Alors comment construire des politiques de transitions Ă  la hauteur des enjeux Ă©cologiques tout en Ă©tant socialement justes ? La “Lettre aux 500 000 futurs Ă©lus municipaux” de Manon Loisel et Nicolas Rio propose une recette toute simple : bâtir ces politiques sur le “pour qui” et pas que sur le “comment”. Ils posent une question cruciale : pour chaque mesure, qui sont les gagnants et qui sont les perdants ? Car les transitions menacent certains modes de vie. Il nous faut partager Ă  la fois des ressources rares et des efforts plus importants. Ne pas l’assumer, en les prĂ©tendant consensuelles et socialement neutres, c’est se garantir un « effet ressac Â». La dĂ©mocratie doit permettre que ceux qui y gagnent soient plus nombreux que ceux qui y perdent et que l'essentiel des efforts pesent sur celles et ceux qui peuvent se le permettre. Cet exercice clarifie donc les impacts directs et indirects. Qui va supporter les frais (humains, financiers) de ces mesures ? En comparaison, si l'on ne met pas en place ces politiques publiques, qui ferait les frais de l’inaction Ă  court et moyen terme ? Ce travail nĂ©cessite d’ouvrir la focale et d’inclure les externalitĂ©s en termes de santĂ©, de sĂ©curitĂ©, de pouvoir d’achat…

Les rĂ©ponses ne sont Ă©videmment pas binaires. Une personne peut gagner et perdre simultanĂ©ment. Elle peut aussi s’estimer perdante alors qu’elle ne l’est pas. Les conclusions Ă  en tirer sont donc doubles : il faut penser les effets redistributifs des politiques environnementales pour qu'elles soient socialement justes, et travailler Ă  leur rĂ©ception. C'est ça, faire de l'Ă©cologie dans le bon sens.

— Transitions Urbaines (LinkedIn)

Faire campagne face au backlash écologique
De plus en plus de citoyens pensent que la transition ne se fait pas pour eux, mais contre eux. A vous de leur prouver le contraire.

🗞️ L'actu de Transitions Urbaines

  • Le 12 fĂ©vrier Ă  18h30 Ă  Paris (CĂ©sure) : Petit entretien avec JĂ©rĂ´me DenisSylvain accueillera ce professeur en sociologie pour le questionner sur le soin Ă  apporter aux choses qui nous entourent en ville.
  • Notre dernier podcast avec Tristan Riom nous permet de comprendre sa vie d'Ă©lu local Ă  Nantes et les apprentissages qu'il tire de ce mandat. 
  • Notre dernière publication : Naissance d'un parc, sur les premiers apprentissages du projet urbain de l'ĂŽle de Nantes.

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📅 À l'agenda

  • Le lundi 16 fĂ©vrier Ă  17h et le mardi 17 fĂ©vrier Ă  12h Envirobat Occitanie organise deux webinaires pour dĂ©cideurs publics et privĂ©s du bâtiments, de l’amĂ©nagement ou de l’immobilier. Face aux turbulences du secteur, comment garantir la viabilitĂ© de nos modèles ? Prenez de la hauteur et engagez la transition de vos activitĂ©s avec Sylvain Grisot (dixit.net) et JĂ©rĂ´me Tougne (17tournants).
  • Le jeudi 19 fĂ©vrier Ă  17h IDHEAL donne “La Parole aux maires” au sujet de la crise et politique du logement, lors d’une visio de prĂ©sentation et de mise en dĂ©bat des rĂ©sultats de leur consultation nationale.
  • Le 25 mars se tiendra le colloque “La ville en thèse. Savoirs sur la ville, savoirs pour la ville” Ă  l’AcadĂ©mie du Climat (Paris). Une journĂ©e pour revisiter deux dĂ©cennies (et près de 1500 thèses) sur la ville, pour questionner le lien entre actions et recherche.

đź’Ś On aime

Un chez-soi devrait aller de soi. Le droit au logement se heurte néanmoins à de multiples blocages. Les politiques publiques s’enlisent face au poids du marché et à la saturation de la demande. Mais des pistes existent pour renouveler les fondations d’un secteur aussi crucial. »
  • Habiter la Terre (Les Liens qui Libèrent 2024) est une sĂ©rie d’entretiens de Bruno Latour avec Nicolas Truong, qui constitue une bonne introduction Ă  sa pensĂ©e :
« Je ne crois pas que le rĂ´le d'un philosophe soit d'ajouter aux innombrables larmes que versent les collapsologues et les catas-trophistes, mais au contraire de travailler Ă  redonner des puissances d'agir. Â»
  • La sĂ©rie “Le pĂ©riph, après tout” de France Culture. Elle ausculte cette frontière infranchissable qui ceinture Paris. 50 ans après sa construction, que faire de ce mastodonte ?
  • Le podcast La Chèvre et le Chou par Radio Anthropocène : des conversations avec des spĂ©cialistes variĂ©s qui nous fait repenser la place de la biodiversitĂ© dans nos villes.