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👻 Ces projets qui hantent la ville

👻 Ces projets qui hantent la ville
Concours pour la station Grand'Place. Fonds Agence Zanassi, perspective d’ensemble. Fonds AURG, AAAA-01, 1985, redessiné par Valentin Vernay, 2025
« Prochaine station Grand'Place. » Vous voilà à la sortie du tram. Vous ne deviez que passer. Pourtant, vous vous arrêtez. La fontaine monumentale qui vous accueille vous fait tourner la tête. Les arbres déploient au-dessus de vous leurs couleurs verdoyantes. Les escaliers en arc de cercle, aux accents gréco-romains, achèvent de donner au lieu une atmosphère chaleureuse. Qui pourrait croire, plongé dans cette station-jardin, qu'il se trouve en réalité au cœur de Grenoble ?

Mais la réalité finit par vous rattraper. Bien loin du parc luxuriant, Grand'Place n'est aujourd'hui que béton et les passants n'ont pas le temps de s'y arrêter. La station verdoyante n'existe pas : c'est un projet non retenu d'un concours, enfoui dans les archives de l'agence d'urbanisme de la ville. Un des futurs non advenus du territoire.

Dans son enseignement Les projets qui hantent la ville, Nicolas Tixier propose aux étudiants de l'ENSA Grenoble de voyager dans les archives de l'Agence d'urbanisme de la région grenobloise, avec l'appui de Caroline Leroy. Une démarche à double décalage : un travail sur les échecs, qui n'ont généralement pas bonne presse, et une enquête dans des imaginaires susceptibles d'ouvrir des pistes pour demain.

C'est aussi un appel à retourner aux archives. Dans un monde numérique où tout va de plus en plus vite, elles s'offrent comme un jeu pour ralentir. Alors pourquoi ne pas y jouer ? Reprendre le temps d'ouvrir des boîtes, de fouiller, et d'être de nouveau surpris par un plan en papier si grand qu'il en devient presque impossible à déplier.

Se lancer dans cette chasse au trésor pour découvrir ce que ces papiers poussiéreux et jaunis ont à nous apprendre sur nos villes. Car, de la comparaison entre l'absent et le présent, nous déchiffrerons peut-être l'explication du passé et, surtout, l'inspiration pour le futur. Des projets abandonnés hier peuvent retrouver une actualité pour penser l'hospitalité des villes, les inégalités sociales ou les enjeux écologiques d'aujourd'hui.

Alors lançons un appel à projets… enterrés ! Partout, des archives débordent de futurs non advenus qui n'attendent qu'à nous livrer leurs secrets. Ne serait-ce pas une belle démarche de collaboration territoriale que de bâtir l'atlas national des projets abandonnés, ou la cartographie des projets fantômes ?

Pour de premières inspirations sur la voie de cet atlas, on vous invite à découvrir les articles des étudiants de l'ENSA Grenoble sur le site de l'Agence d'urbanisme de la région grenobloise, et à écouter leur retour d'expérience dans notre podcast. 👇

— Transitions Urbaines (LinkedIn)

#172 Nicolas Tixier et Caroline Leroy · Ces projets qui hantent la ville
Transitions Urbaines · Episode

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"Il part du constat que cette dimension spatiale, bien qu'essentielle, est méconnue : ses mécanismes échappent encore largement aux pouvoirs publics, et les impacts des installations qui trient, acheminent, transforment, produisent des flux de matières et d’énergie nécessaires au fonctionnement francilien sont relativement peu étudiés, peu mis en évidence dans le débat public et dans les politiques territoriales."
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« La démarche patrimoniale crée un sentiment de co-responsabilité des acteurs vis-à-vis du vivant »
H comme habiter. "Il n'est pas plus facile de trouver un logement à la campagne qu'en ville et les logements n'y sont pas forcément plus confortables. Mais la moindre densité autorise une forme d'individualisme : à chacun sa maison. Or j'observe que la campagne accueille de nouvelles formes d'habiter où s'expriment à la fois l'individu (la famille), son désir intime et la mise en pratique d'une vie partagée à travers des formes diverses d'habitats collectifs : colocation, coopératives, cohabitations intergénérationnelles, hameau légers..."

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