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🚸 Vues du trottoir

Je suis partout et pourtant personne ne parle de moi. Je protège les piétons, cache des réseaux enterrés, collectionne parfois les crottes de chien et depuis quelques années les trottinettes électriques.
🚸 Vues du trottoir
Isabelle Baraud-Serfaty

Et si on prenait quelques instants pour penser la ville Ă  travers cet objet singulier qu'est le trottoir ? C'est ce que propose Isabelle Baraud-Serfaty avec son ouvrage Trottoirs ! Une approche historique, Ă©conomique et flâneuse (ed ApogĂ©e, collection Transitions Urbaines, 2026). Pour elle, le trottoir est "l’objet urbain qui incarne le mieux les mutations de la ville". Car c'est une interface physique entre la chaussĂ©e et les façades privĂ©es. Un entre-deux juridique entre espaces publics et privĂ©s. Il aussi marchant que marchand. Il fait le lien entre le dessus et les dessous infrastructurels de la ville. Bref marcher sur un trottoir peut donner le vertige.

Et si son aspect physique reste relativement stable, ses usages ont considérablement évolué. On assiste à une accumulation d'usages et d'usagers du trottoir, de plus en plus en concurrence. Passants, commerçants, restaurateurs, bancs, lampadaires et autres mobiliers urbains s'y retrouvent. Plus récemment, les opérateurs de plateformes numériques envahissent aussi les trottoirs avec leurs vélos, trottinettes et autres livreurs en scooter ou en camionnettes blanches. La transition écologique change aussi nos besoins et nos usages. Alors les trottoirs accueillent des pistes cyclables, leurs sols deviennent perméables et les arbres s'y multiplient.

Le trottoir se partage entre mille et devient rare, tout en restant un impensĂ© urbain. Un vide dont on ne sait pas bien estimer la valeur, mais dont on perçoit qu'elle est de plus en plus prĂ©cieuse. C'est d'autant plus important que les bouleversements climatiques vont nĂ©cessiter de fournir de nouveaux services, Ă  commencer par de l'ombre. Portiques, arbres, toiles tendues... autant d'options qui nĂ©cessitent de repenser sa conception (et parfois sa gestion). Google, flairant la bonne piste, a dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ© une option "prefered shade" sur Maps, qui permet de choisir le trajet qui maximise l'ombre. Pas besoin d'ĂŞtre grand futuriste pour imaginer que les terrasses ombragĂ©es seront bientĂ´t plus prisĂ©es que celles ensoleillĂ©es, changeant la donne Ă©conomique. Alors comment financer et entretenir l'ombre sur les trottoirs ? Est-ce un nouveau service public ? Ou le trottoir et son ombre sont-ils vouĂ©s Ă  se privatiser ?

Le trottoir, c'est finalement un objet de prospective pour la fabrique de la ville, la manière dont on la pratique et ce qu'on attend d'elle : ĂŞtre un espace de rencontres, un espace de circulation, un espace vivable. Car une ville sans trottoir n'est pas vraiment une ville, et une ville aux trottoirs vides non plus. 

Sylvain a Ă©changĂ© avec Isabelle Baraud-Serfaty, Ă©conomiste-urbaniste fondatrice d'Ibicity, et c'est passionnant. On vous laisse les Ă©couter en podcast ou sur notre chaĂ®ne Youtube đꑇ.

— Transitions Urbaines (LinkedIn)

PS : Notre prochain Petit Entretien sera le 5 mai à Nantes avec Franck Scherrer, sur la prospective territoriale au service de l'atterrissage des transitions. L'entrée est gratuite et l'inscription se fait par ici.

#169 Isabelle Baraud-Serfaty · Trottoirs ! Une bataille pour l’espace public by Transitions Urbaines
🚸 Isabelle Baraud-Serfaty · Trottoirs ! Une bataille pour l’espace publicBienvenue sur le podcast de Transitions Urbaines, une association sans but lucratif dĂ©diĂ©e Ă  l’accĂ©lĂ©ration des transitions Ă©cologiques, sociales et dĂ©mocratiques de la fabrique de la ville. Rencontre après rencontre, nous partageons les apprentissages de celles et ceux qui font dĂ©jĂ  la ville autrement. Aujourd’hui, Sylvain Grisot, urbaniste et prĂ©sident de Transitions Urbaines, rencontre Isabelle Baraud-Serfaty, en public Ă  la librairie La vie devant soi (Nantes). Elle est Ă©conomiste-urbaniste, fondatrice d’Ibicity (www.ibicity.fr), professeure affiliĂ©e Ă  l’École urbaine de Sciences Po, nominĂ©e Grand Prix de l’Urbanisme en 2024. Elle est surtout l’autrice de Trottoirs ! Une approche Ă©conomique, historique et flaneuse rĂ©cemment rééditĂ© par les Ă©ditions ApogĂ©e dans la collection Transitions Urbaines. Une très belle collection, disons-le. Avec elle, nous allons regarder la ville depuis le trottoir. Objet quotidien, aussi omniprĂ©sent que discret, ce n’est pas un sujet d’attention, encore moins de dĂ©bat. Et pourtant, dans les transitions urbaines Ă  mener, le trottoir est un rĂ©vĂ©lateur des bouleversements en cours, c’est aussi un territoire convoitĂ©, et peut-ĂŞtre le lieu ou peut s’inventer la suite. Pour aller plus loin : - Trottoirs ! Une approche Ă©conomique, historique et flâneuse (Ă©ditions ApogĂ©e, 2026) : https://www.editions-apogee.com/architecture-urbanisme/731-trottoirs-.html- AccĂ©der Ă  l’ombre dans les villes de demain (revue futuribles) https://www.futuribles.com/acceder-a-lombre-dans-les-villes-de-demain/- Riddle: « Without me, there is no city. What am I? Â» https://ibicity.fr/the-city-stops-without-me/ - un article poĂ©tique de The Deleted Scenes sur les trottoirs (en anglais) https://www.thedeletedscenes.com/p/on-sidewalks- l’article “Financement des services urbains : pour un nouvel imaginaire” publiĂ© dans la revue futuribles https://shs.cairn.info/revue-futuribles-2025-2-page-69?lang=fr&tab=resume- La prochaine formation Futuribles oĂą intervient Isabelle Baraud-Serfaty : https://ibicity.fr/les-futurs-de-villes-auront-lieu-les-4-et-5-juin-prochains/
Trottoirs !
« Trottoir » est un mot si courant que même les tout-petits enfants savent ce qu’il désigne et la plupart des habitants des villes marchent dessus plusieurs fois par jour. Pourtant, le trottoir existe à peine d’un point de vue juridique, les urbanistes lui préfèrent la notion d’« espace public », moins associée à la prostitution et à la vie dans la rue, et les « rez-de-chaussée », qui sont le plus souvent des « rez-de-trottoir », effacent jusqu’à son nom.Voir transitions.city. Expédition à partir du 09/03/2026

🗞️ Notre actu'

Entretien avec Franck Scherrer : Comment faire atterrir les transitions ?

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  • La collection Transitions Urbaines vient de publier ses deux premiers ouvrages aux Ă©ditions ApogĂ©e : Redirection Urbaine (Sylvain Grisot) et Trottoirs (Isabelle Baraud-Serfaty).
  • (RĂ©)Ă©couter notre podcast avec Vivian DĂ©poues sur le financement des efforts d'adaptation et d'attĂ©nuation des collectivitĂ©s.
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📅 À l'agenda

  • Le 30 avril, le collectif "Loire sentinelle" invite Ă  une confĂ©rence sur la question de la santĂ© de la Loire, sur les amĂ©nagements du fleuve, ses paysages, sa biodiversitĂ©, les rapports des ligĂ©riens Ă  leur environnement, Ă  17h en BU Sciences de Nantes UniversitĂ©.
  • Avant le 18 mai, candidatez Ă  l'appel Ă  projet d'Échanges urbains et venez prĂ©senter votre projet d'urbanisme, lors de l'Ă©dition 2026, autour du thème "Le Bon Tempo".
  • Le 19 mai, Novabuild organise une confĂ©rence sur "La transformation du parc bâti existant" afin de repenser nos manières de produire et de proposer une rĂ©flexion collective sur la place de chacun dans le futur de la rĂ©novation.

đź’Ś On aime

  • L'Ă©pisode "La transitions Ă©cologique relève de la science fiction" du podcast quĂ©bĂ©cois LĂ©gendes Urbaines. Un entretien avec Franck Scherrer, qui porte ses recherches sur la participation publique et la prospective territoriale comme outils des collectivitĂ©s territoriales pour effectuer la transition socio-Ă©cologique.
  • L'article de MĂ©tropolitiques sur "La mĂ©moire d'une ville fantĂ´me : Famagouste-Varosha Ă  Chypre"
Comment renouer avec une ville abandonnĂ©e ? Ă€ travers l’exemple de Famagouste-Varosha, cet article Ă©tudie le rĂ´le de l’espace dans la mĂ©moire des habitants exilĂ©s. Il s’appuie sur une enquĂŞte utilisant des cartes mentales pour faire réémerger un lieu oubliĂ© et rĂ©activer les rapports des anciens habitants avec leur ville perdue.
« Entre le Larzac dans les annĂ©es 1970 et la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, il y a eu la lutte pour la Loire sauvage. En 1986, l’État acte la construction de quatre barrages sur ce qui est pourtant considĂ©rĂ© comme l’un des derniers fleuves sauvages d’Europe. Ă€ Serre-de-la-Fare, en Haute-Loire, l’ouvrage menace d’engloutir vingt kilomètres de gorges magnifiques et prĂ©servĂ©es. Un collectif d’habitants et d’habitantes se mobilise et dĂ©cide d’occuper le site, au pied du futur barrage. Ce rĂ©cit tĂ©moigne de cette lutte oubliĂ©e et pourtant victorieuse, qui a pris une dimension internationale et contribuĂ©, en France, Ă  changer la culture de l’amĂ©nagement des fleuves et de la gestion du risque d’inondation. Â»