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🏫 Faire des villes en mieux

Que nous apprend l'urbanisme temporaire sur nos manières de faire la ville ?
🏫 Faire des villes en mieux

Paris, 16ᵉ arrondissement. Une caserne de pompiers désertée attend que le bailleur social qui l'a récemment rachetée mûrisse son projet. Il en a pour quelques années, autant dire pas grand-chose à l'échelle de l'urbanisme, surtout lorsqu'on opère en renouvellement urbain. Mais pour les habitants, et notamment tous ceux qui bataillent pour se loger, travailler et vivre dans la capitale, cette caserne vide serait une aberration. C'est là qu'intervient l'occupation temporaire, pour donner du sens à ce temps mort de la ville.

Urbanisme transitoire, intercalaire ou temporaire : peu importe son nom, il répond au même objectif : combler les vides de la ville pour y faire éclore des usages et des pratiques qui peinent d'ordinaire à y trouver leur place.

Un nouvel acteur dans la chaîne du projet urbain

Derrière le fleurissement de ces « tiers-lieux » temporaires, on trouve des associations, des collectifs ou des professionnels qui savent faire le lien entre les propriétaires immobiliers et des porteurs de projets bariolés. Ces gestionnaires éphémères mêlent expertises administratives, compétences techniques et savoir-faire en animation de lieux. Certains en ont fait leur cœur de métier, tandis que d'autres y voient une nouvelle corde à leur arc. Grâce à leur pugnacité, le temps de l'expérimentation est révolu : les occupations temporaires se multiplient. La fabrique de la ville qui se partageait entre l'action publique et les entreprises privées accueille désormais un tiers légitime, qui comble les trous et pallie les manquements en proposant des espaces mixtes, solidaires et ouverts.

Des lieux entre parenthèses

Les occupations temporaires sont des parenthèses. Dans le temps, bien sûr, mais aussi dans les logiques économiques qui régissent habituellement la ville. Pour une courte durée, le propriétaire ne cherche plus à rentabiliser son bâtiment. De toute façon, il sait bien qu'un bâtiment vide ne rapporte rien — et qu'il coûte même parfois cher. Pour employer un terme barbare, le « coût d'opportunité » de l'occupation temporaire est (quasiment) nul : c'est précisément ce qui lui permet de s'immiscer dans les interstices des processus bien rodés de l'aménagement. Et quand la pression financière s'efface, plus rien ne bride les usages que l'on peut faire de l'espace. On peut alors sortir des catégories usuelles, mêler les fonctions, ouvrir à de multiples publics. N'est-ce pas ce que l'on souhaiterait voir advenir à chaque coin de rue ?

Occupation temporaire, impacts à long terme ?

L'occupation temporaire a aussi beaucoup à apprendre à la pratique « classique » de l'urbanisme. Elle sait travailler à partir de l'existant, en diagnostiquant le lieu et les usages qu'il autorise. Elle sait déployer les justes efforts pour remettre en état et maintenir un site exploitable. Alors que les incertitudes climatiques, démographiques et économiques se multiplient et paralysent les projets, l'occupation temporaire déploie une agilité dont tous les professionnels gagneraient à s'inspirer.

À l'occasion de la parution de l'ouvrage collectif Des villes en mieux (éditions Le Pommier), Mathias Rouet et Paul Citron, co-fondateurs de Plateau Urbain, nous partagent les enseignements d'une décennie de pratique du temporaire. À écouter dans ce podcast 👇

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#173 Mathias Rouet et Paul Citron · Faire des villes en mieux
Transitions Urbaines · Episode

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« À Los Angeles, la résistance des habitants et des pouvoirs publics à la politique anti-migrants manifeste l’ampleur du militantisme populaire. On voit s’engager là une lutte majeure pour la souveraineté territoriale »
« Cet ouvrage interroge la dimension spatiotemporelle des politiques d’accueil, en se concentrant sur des dispositifs spatiaux marqués par leur caractère temporaire, qui peut être une puissante limite à la mise en œuvre de politiques d’hospitalité justes ou au contraire une opportunité d’alternatives solidaires. Les contributions s’inscrivent dans des disciplines variées et suivent des méthodes originales et engagées, qui permettent de mettre en discussion la complexité des territoires de l’accueil et de l’hospitalité à la lumière de contextes sociaux, spatiaux, historiques, géopolitiques et juridiques. Elles montrent que face aux approches juridiques et politiques dominantes de l’accueil, qui favorisent des processus de contrôle des populations, se déploient des formes d’expérimentations sociales, spatiales et temporelles qui placent au cœur de leurs logiques les dimensions morales et éthiques de la solidarité, de l’hospitalité et de l’habiter ».

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