đ± Planter la ville
Dans le dĂ©partement du Loiret, la commune de YĂšvre-le-Chatel peut se targuer de « 4 fleurs » dĂ©cernĂ©es par le concours Villes et villages fleuris. Dâabord imaginĂ© en 1959 pour promouvoir lâembellissement et lâattractivitĂ© touristique, ce label a progressivement transformĂ© sa raison dâĂȘtre : gestion Ă©cologique, prĂ©servation des ressources, participation citoyenneâŠ
Cette transformation illustre bien le changement de regard portĂ© sur la nature en ville. La nature nâest plus un bonus pour faire joli, mais une solution Ă de multiples problĂšmes urbains (attĂ©nuation et adaptation au changement climatique, santĂ© humaine, biodiversitĂ©) dont lâesthĂ©tique nâest quâune consĂ©quence heureuse.
Cette nouvelle vision sur la nature en ville sâaccompagne dâun nouveau jeu dâacteurs pour la dĂ©ployer. La gouvernance hybride de ces projets devient mĂȘme un sujet de recherche scientifique. Lâouvrage RĂ©inventer la nature en ville, paru aux Ă©ditions Quae, consacre un chapitre aux interactions Ă lâoeuvre pour construire la nature en ville.
Coopérer pour planter les graines
Le portage des politiques de nature en ville ne revient plus seulement aux services espaces verts des communes. Elles sont un cas concret de coopĂ©ration et dâarticulation entre plusieurs politiques, Ă plusieurs Ă©chelles : communes, interco, voire syndicat mixte porteur du SCoT comme câest le cas sur lâaire mĂ©tropolitaine bordelaise. Cet Ă©largissement de la focale permet dâapprĂ©hender le vivant en ville en termes de continuitĂ©s Ă©cologiques, souvent peu respectueuses de nos limites administratives. La nature, pour dĂ©ployer son plein potentiel, doit ĂȘtre mesurĂ©e par sa canopĂ©e, et non pas arbre par arbre.
Mais lâapproche par les compĂ©tences permet-elle de comprendre le dĂ©veloppement de projets de nature en villeâŻ? La question principale nâest pas tant « qui dĂ©cide de » mais « qui a les moyens pour ».
Financer la ville-nature
Car aprĂšs la planification stratĂ©gique et ses plans, vient la dĂ©clinaison opĂ©rationnelle. Dans un contexte budgĂ©taire tendu, oĂč trouver les investissements pour des projets dâinfrastructures « vertes » ou « bleues » qui ne sont pas valorisables Ă©conomiquement et qui induisent souvent plus de coĂ»ts de fonctionnement que de constructionâŻ? Câest lĂ que de nouveaux acteurs entrent en jeu : Ătat, OFB, agences de lâeau, ADEME, CEREMA, et mĂȘme Union EuropĂ©enne. La pression politique monte pour accĂ©lĂ©rer le dĂ©ploiement de cette nature. Au risque de sây perdre : ce ne sont pas moins de 4 638 aides actionnables par les collectivitĂ©s pour leurs projets de nature. En plus de trouver des subventions, les collectivitĂ©s peuvent rĂ©orienter certains de leur budget (dâune infrastructure grise Ă une SfN par exemple). Câest dĂ©jĂ un levier quâĂ©voquait Vivian DĂ©poues pour financer lâadaptation.
Dans ce foisonnement dâexpĂ©rimentations et de nouveaux modes de portages, lâouvrage RĂ©inventer la nature en ville offre un panorama de la connaissance scientifique et des tĂ©moignages dâacteurs sur les conditions de mise en oeuvre de la nature en ville.
Au-delĂ de ces enseignements, cet ouvrage pose la question de la place des chercheurs dans ces projets : alors que citoyens comme politiques exigent dâaller toujours plus vite, la recherche apporte des questions et des mises en garde, plus rarement des rĂ©ponses prĂ©cises aux questions des praticiens. On a creusĂ© tout ça avec Marjorie Musy, chercheuse au CEREMA, et lâune des coordinatrices de cet ouvrage collectif. Ă Ă©couter par ici đ
â Transitions Urbaines

đïž Notre actu'
đ Ă l'agenda
- Le 5 novembre, suivez le webinaire de Vraiment Vraiment, qui nous présente ses outils face aux vagues de chaleur.
- Du 4 au 6 novembre, à Angers se tiennent les Rencontres nationales des SCoT sur le thÚme « Nouveau Mandat, premier défi, prendre le relais de la stratégie territoriale ».
- Le 10 novembre Ă Lyon, Fonciers en dĂ©bat prĂ©sente son colloque annuel, sur le thĂšme de la mutation des espaces dâactivitĂ©s Ă lâheure des transitions.
- Le 10 novembre, l'AURA organise une matinée d'échange sur la jeunesse en milieu rural, à Avrillé.
- Le 13 novembre, à Dijon et retransmis en visio, POPSU Transitions organise un événement de clÎture du programme de recherche, intitulé « Habiter et faire la transition : pratiques habitantes et politiques publiques ». Un temps d'échanges et de restitution entre chercheurs, élus, praticiens, étudiants et partenaires.
- Le 17 novembre ( â ïž Ă©vĂ©nement reportĂ© du 5 novembre) Ă MĂ©rignac, La Fab vous propose un nouveau rendez-vous professionnel dĂ©diĂ© aux retours d'expĂ©rience de projets immobiliers intĂ©grant des matĂ©riaux de rĂ©emploi au sein d'opĂ©rations d'amĂ©nagement conduites sous sa maitrise d'ouvrage.
- Le 20 novembre, participez Ă un Atelier des Transitions Urbaines, pour comparer 50 leviers de la ville durable, faire des choix dâamĂ©nagement et comprendre leurs impacts sur le carbone, la rĂ©silience et le cadre de vie.
đ On aime
- Le podcast Urbanistes défricheurs : "Albi réinvente une école pour faire la ville autrement", parce que le patrimoine n'est pas seulement un bien à préserver, mais une ressource à réutiliser.
- L'article Regarder en face les disparitĂ©s territoriales, par la 27e RĂ©gion qui initie une enquĂȘte sur la coopĂ©ration territoriale.
Sur ces territoires pour lesquels semblent moins adaptées les stratégies nationales, comment pouvons-nous mieux regarder en face ces disparités territoriales et prendre à bras le corps l'enjeu démographique ? Quels nouveaux modÚles économiques pour ces collectivités� Comment travailler une forme de maintenance des services publics et un soin de ce qui est « déjà là », habitant.es comme infrastructures ? Quelles alternatives pratiques à la promesse d'attractivité territoriale qui enferme des territoires dans des injonctions contradictoires ?
- L'article de Fanny Boyelle dans la revue AOC, Pour une fabrique des territoires plus conviviale
Comment alors, dans le monde de la fabrique des territoires oĂč les conventions sont fortes, la technicitĂ© des mĂ©tiers essentielle, la rĂ©glementation omniprĂ©sente, lĂ©gitimer dâautres savoirs considĂ©rĂ©s comme moins savants ? Comment connecter des connaissances en provenance dâhorizons multiples ? Comment accompagner cette prise en compte des savoirs vernaculaires, situĂ©s, sensibles et poĂ©tiques ?
- Eaux vives, pour une hydrologie régénérative. Par CharlÚne Descollonges. Actes Sud 2026. En portant son attention sur le triptyque eau - sol - arbre, l'hydrologie régénérative replace le vivant au coeur de cycles de l'eau bien plus complexes que ceux que nous avons appris à l'école, en introduisant notamment les cycles de l'eau verte qui passent par le végétal. Un ouvrage didactique et utilement nourri d'exemples concrets.
Nous plaidons pour le renouvellement des connaissances liĂ©es Ă l'eau en considĂ©rant non pas un mais des cycles de l'eau, qui ne sont pas seulement rĂ©gis par des mĂ©canismes abiotiques mais bien profondĂ©ment reliĂ©s aux processus Ă©volutifs du vivant terrestre. Les riviĂšres ne sont pas qu'un trait bleu figĂ© sur la carte mais bien la partie visible d'un hydrosystĂšme complexe. Le changement climatique rĂ©vĂšle leur besoin d'espace et de reconnexion avec les sols de leur bassin versant, avec les forĂȘts, leurs nappes, leurs sĂ©diments, les cycles de l'eau verte modulĂ©s par les vĂ©gĂ©taux et l'ensemble du vivant.
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