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🚽 La ruée vers l'or

Ou comment éviter les fuites du cycle de l'azote.
🚽 La ruée vers l'or

Connaissez-vous les bernatiers ? Dans les villes de Flandres au XIXᵉ siècle, ces vidangeurs achetaient les contenus des fosses d'aisance pour les utiliser comme engrais dans les champs. Plus de 75 % des excrĂ©tas de la population Ă©taient ainsi rĂ©cupĂ©rĂ©s. Mais la rĂ©volution industrielle a remplacĂ© ces engrais naturellement riches en azote par des engrais synthĂ©tiques. Ce fut la fin des bernatiers et une rupture du cycle biogĂ©ochimique de l'azote, une des limites planĂ©taires dĂ©jĂ  franchies. Nos stations d'Ă©puration rejettent dans l'atmosphère et les milieux aquatiques l’azote de nos urines, pendant que la pĂ©trochimie inonde les champs.

L'urine, une mine d'or oubliĂ©e. Nos chasses d'eau Ă©vacuent chaque jour des milliers de litres d'azote contenu dans notre urine vers des stations d'Ă©puration puis les milieux naturels. Pourquoi ne pas les faire retourner Ă  la terre et nourrir les plantes que nous mangeons ? Parce que ça nous dĂ©goĂ»te ? C'est normal, le mouvement hygiĂ©niste du XIXᵉ a laissĂ© penser que la rĂ©utilisation des excrĂ©ments, c'Ă©tait sale et mĂŞme dangereux pour notre santĂ©. Pourtant, notre pipi n'est pas nocif, bien au contraire. Avec un stockage et un traitement adaptĂ©s, son utilisation devient bien plus saine que les engrais chimiques. ArrĂŞtons de faire les fines bouches devant des lĂ©gumes et des fruits nourris par l'azote de nos urines produits Ă  faible coĂ»t Ă©nergĂ©tique, et qui rĂ©tablissent un lien entre villes et campagnes. Un premier pas vers un mĂ©tabolisme territorial plus circulaire.

Repenser notre système d’assainissement. Les changements à engager ne sont pas que culturels, ils sont aussi infrastructurels. Reboucler le cycle de l'azote nécessite de repenser notre système d’assainissement. Aujourd'hui, douches, chasses d'eau, éviers s'évacuent tous par le même tuyau. Or la collecte de l'urine doit se faire à la source. Dédoubler nos réseaux souterrains et les faire cheminer jusqu'aux espaces naturels ou agricoles ne parait pas très réaliste. Commençons donc à une plus petite échelle, celle du bâtiment. Grâce à des toilettes à séparation installées directement chez les habitants, et des cuves placées dans les sous-sols des immeubles, les urines sont collectées, stockées puis réutilisées localement. Des initiatives sont déjà mises en œuvre : l'écoquartier Saint-Vincent de Paul à Paris va ainsi valoriser l’urine des habitants de ses 600 logements.

De nouvelles pratiques s’ouvrent à nous, habitants, maîtres d'ouvrage, bailleurs sociaux ou plombiers. Ou plutôt des anciennes. Car il n’a pas toujours été question du « tout-à-l'égout ». Dans son ouvrage Une autre histoire des excréments (aux éditions Actes Sud), Fabien Esculier décrit cette époque préindustrielle où l'urine était valorisée pour ses bienfaits. Dans l’agriculture, la médecine ou même pour tanner les peaux. Il y a donc mieux comme éco-geste que de faire pipi sous la douche !

— Transitions Urbaines (transitions.city)

Pour aller plus loin :

PS : La Fondation Braillard Architectes lance l’appel à contributions du Séminaire de Genève 2026, consacré au thème « Densités écologiques – Quel futur pour le cadre bâti genevois ? ». Chercheur·ses, praticien·nes et professionnel·les, n'hésitez pas à faire vos propositions avant le 13 septembre.

Transitions Urbaines est une association sans but lucratif dédiée à l'accélération des transitions écologiques, sociales et démocratiques de la fabrique de la ville. Elle œuvre notamment via :
📨 Une lettre qui parait tous les mercredis à laquelle vous pouvez vous abonner gratuitement.
📚 Des livres au format papier et numérique que vous pouvez commander chez votre libraire ou dans notre librairie en ligne.
🎙️ Un podcast qui donne la parole à celles et ceux qui font déjà la ville autrement, à retrouver sur Spotify, Apple Podcast, Deezer, Youtube ou via RSS.
🗣️Des rencontres pour dialoguer avec des faiseurs et des faiseuses de ville.

🗞️ Notre actu'

📅 À l'agenda

  • Le 8 septembre Ă  Paris, assistez Ă  la confĂ©rence de la Fabrique de la CitĂ© "Écologie et dĂ©mocratie : les citoyens peuvent-ils transformer la ville ?" dans le cadre de son cycle Vivants en ville.
  • Le mercredi 16 septembre Ă  Nantes, Novabuild lance son groupe de rĂ©flexion "Adaptation systĂ©mique au changement climatique". ConfĂ©rences, Ă©changes et ateliers pour intĂ©grer cette notion dans nos projets de territoires, nos amĂ©nagements et nos bâtiments.
  • Le 17 septembre Ă  Nantes, c'est la Nuit des controverses. Un format imaginĂ© par l'institut des futurs souhaitables et Epop&, pour rĂ©apprendre Ă  construire nos dĂ©saccords, loin de la culture du clash et de l'Ă©vitement. 
  • Le 22 septembre, le Conseil de l'Ordre des architectes des Pays de la Loire organise Ă  Saint-Nazaire une journĂ©e sur le thème de la rĂ©habilitation. Comment construire l'avenir en valorisant l'existant ? Comment rendre possible la multiplication des chantiers de rĂ©habilitation au cĹ“ur des villes comme des villages ? Sylvain Grisot animera les Ă©changes.

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"Je suis exaspéré à chaque fois qu'on m'interpelle par un "vous les politiques", le plus souvent excluant et dénigrant, comme si par essence j'étais différent et donc illégitime. La seule différence avec ces interlocuteurs c'est que je suis un citoyen qui assume un peu plus son devoir de citoyen. Et pourtant, suis-je encore un citoyen comme les autres après 8 ans de campagne de terrain ? Peut-on nager dans le purin sans se salir ?"
"En un siècle, la France passerait d’un modèle de société relativement jeune à une structure où plus d’un habitant sur trois serait un sénior. Cette évolution transforme profondément l’urbanisme, l’immobilier et l’aménagement du territoire."
"À Caen, ce renoncement n’est pas synonyme d’abandon du territoire. Au contraire, il se mue rapidement en redirection écologique, autour d’une question clé : comment aménager un territoire appelé à se transformer radicalement d’ici la fin du siècle ?"

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